Mieux gérer les violences et conflits

Les professionnels de l'éducation ou de l’action sociale sont régulièrement confrontés à la violence de leurs publics. Violence due à des blessures familiales ou sociales passées, à des folies (déformation de la réalité) ou des « maladies sociales » (du type dépression, sociopathie ou paranoïa).

 

Mes expériences auprès de groupes divers et au sein d’institutions me font remarquer que certaines violences telles que l’agression physique ou verbale sont communément identifiées. Elles sont attribuées à d’autres et perçues comme de leurs archaïsmes ou dysfonctionnements. D’autres violences plus subtiles mais aussi plus quotidiennes peinent à être reconnues. Il s’agit de l’expression de mépris (de la dévalorisation à l’humiliation), du traitement par l’indifférence ou encore de la culpabilisation. En fait, nous pourrions dire qu’il y a violence quand l’autre cesse d’exister en tant qu’autre et est réduit à l’état de chose, d’animal, de réceptacle. En situation de violence, l’autre n’a bien souvent pas droit de réponse. Il a alors à se soumettre ou se rebeller.

 

Face à la violence, quelle qu’elle soit, différentes stratégies sont à l’œuvre : ré-agir la violence, porter un masque social, se regrouper, ou se victimiser.

Ces stratégies auront lieu de façon plus ou moins prégnante selon la réalité de la violence et des craintes qui lui sont liées (agression, jugement ou rejet-exclusion), la répétition des situations et la façon dont sont considérées et traitées celles-ci.

Supposer que la violence soit évènementielle et pathologique empêche sa compréhension mais aussi sa transformation. Elle est de la relation et du lien social. Elle est de chacun et de partout.

La tentation d’interdire la violence, de la taire, de l’étouffer, ne garantit que son déplacement et non sa transformation. Et si la violence était d’abord une solution, plus qu’un problème?

Considérer la violence comme la solution du moment pour une personne accompagnée ou un professionnel en situation d’impuissance, une tentative d’adaptation à une situation, permet de la situer, de la reconnaitre, de la discuter et de la conscientiser.

Cette violence fait fondamentalement partie du problème de l’Un et de l’Autre, les sépare et empêche une véritable coopération.

 

(concepts et méthodologie issus de la therapie sociale développée par Charles Rojzman)

Exemple d'intervention: